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Comparatifs

Les alternatives européennes à Google Workspace

Quitter Google Workspace, c’est surtout quitter un éditeur de documents et une habitude de partage. Le mail se reprend ; les Google Docs se transforment, avec des pertes. Une alternative européenne est donc pertinente lorsque les fichiers et les mails comptent plus que l’éditeur Google lui-même, et seulement après un essai sur vos documents.

Mis à jour en octobre 20269 min de lectureSources officielles citées

Ce qu’il faut accepter avant de comparer les marques

Google est une société américaine. Les alternatives ci-dessous changent l’exploitant, c’est-à-dire la société qui détient les fichiers et les mails, qui les sauvegarde et dont le support se connecte. Elles ne recopient pas Docs. Un départ de Google se juge donc sur deux questions distinctes : qui doit détenir vos contenus, et quel éditeur de documents vos équipes peuvent accepter.

Prévoyez deux semaines d’essai sur un compte rendu, un tableau et une proposition commerciale. Ils couvrent l’essentiel : texte rédigé à plusieurs, formules, mise en page qui part chez un client. Si le tableau ne passe pas, garder Google pour cette équipe est une décision saine. Une sortie par étapes, la messagerie d’abord et les fichiers ensuite, est souvent plus solide qu’une bascule complète décidée sur principe.

Le cadre de vérification est dans RGPD et Google Workspace. La méthode de départ est dans migrer depuis Google Workspace. Si la décision de partir n’est pas encore prise, la page Google Workspace ou une solution souveraine sert à la trancher.

Pourquoi Docs se remplace moins bien que Gmail

Le mail repose sur des protocoles standard : l’historique Gmail se copie par IMAP. Les libellés demandent une décision (un message à trois libellés peut devenir trois copies ou une seule), mais rien ne se perd par construction.

Les documents, eux, sortent de Google par un export vers des formats de bureau, qui modifie la mise en page des documents riches ; les commentaires et suggestions en cours ne suivent pas. Restent les éléments sans équivalent direct : l’historique Google Chat, les Google Sites, les formulaires dont la logique est dans Apps Script, les partages « toute personne disposant du lien ». Aucune alternative ne les reprend tels quels ; Infomaniak indique d’ailleurs que les historiques de chat ne sont pas repris automatiquement. C’est la nature du départ, pas le défaut d’un fournisseur.

Exemple. Une agence de communication de quinze personnes (cas hypothétique) rédige ses propositions dans Docs et suit sa production dans une feuille Sheets enrichie de scripts. Le mail et les archives Drive partent sans difficulté. La feuille de suivi devient un tableur sans ses automatismes : il faut décider, avant la bascule, de la réécrire, de la remplacer, ou de garder Google pour cette équipe.

Les acteurs en un coup d’œil

ActeurQui exploiteOù sont les donnéesÉdition en ligne
Google Workspace (référence)Google (États-Unis)Région choisie selon l’édition, pour les contenus listésDocs, Sheets, Slides
InfomaniakInfomaniak (Suisse)SuisseOnlyOffice, ou Microsoft en ligne selon l’offre
NextcloudVous, ou le prestataire choisiChez cet exploitantCollabora ou OnlyOffice
OVHcloudOVHcloud (France)FranceSelon la formule
BlueMindVous, ou un hébergeur partenaireChez cet exploitantHors du cœur de l’offre
KlyticDedicace Software (France)Zone correspondant à la juridiction applicable, par exemple Europe ou Maurice, ou serveurs du clientDans l’instance Nextcloud dédiée, seul ou à plusieurs, avec historique des versions

Ce tableau ne classe rien. Il sépare l’exploitant, le lieu et l’éditeur, souvent mélangés.

Infomaniak (Suisse)

kSuite réunit mail, stockage, chat et visio, données en Suisse. L’édition en ligne passe par OnlyOffice ou, sur certaines offres, par Microsoft en ligne hébergé en Suisse, avec un abonnement Microsoft. La Suisse est hors Union européenne, avec une décision d’adéquation.

Profil adapté. Une PME qui utilise Google comme un tout-en-un, mail, Drive, Chat et Meet, et veut retrouver cette forme chez un seul acteur, sans exploiter de serveur.

À vérifier. Que votre exigence interne parle d’« Europe » au sens géographique et non d’« Union européenne » : la décision d’adéquation encadre les transferts, elle ne fait pas de la Suisse un État membre. Si l’option Microsoft en ligne vous intéresse, intégrez l’abonnement Microsoft requis à votre analyse, puisque l’éditeur reste alors une société américaine.

Limite principale. Le droit applicable change ; il ne devient pas celui de l’Union. Pour une politique de groupe ou un appel d’offres qui exige l’Union, c’est éliminatoire.

Pertinent si vous voulez une suite déjà intégrée et si le droit suisse convient.

Moins pertinent si les données doivent être dans l’Union européenne, ou si vos Sheets sont devenus des applications.

Nextcloud (logiciel allemand, exploitant au choix)

Nextcloud GmbH édite le logiciel. L’hébergement est le vôtre ou celui d’un prestataire. La coédition existe, avec Collabora ou OnlyOffice. Le mail n’est pas le cœur du produit. Choisir Nextcloud ne dit donc pas encore où sont les fichiers : le lieu, les sauvegardes et le support sont ceux de l’exploitant retenu.

Profil adapté. Une organisation dont le cœur de Google était Drive, et qui a, ou veut se donner, la main sur son serveur de fichiers : par exemple une PME industrielle avec deux sites et un informaticien interne.

À vérifier. Qui met à jour, surveille et restaure un dossier supprimé un vendredi soir. Si un prestataire exploite l’instance : est-elle dédiée ou partagée avec d’autres clients, et où sont les sauvegardes. Et quel éditeur en ligne est installé : c’est lui que vos équipes compareront à Docs.

Limite principale. Gmail reste sans successeur. Sortir de Google avec Nextcloud seul impose de choisir une messagerie en face.

Pertinent si vous avez, ou voulez, la main sur le serveur de fichiers.

Moins pertinent si vous cherchez une messagerie exploitée clé en main et un support unique sans équipe interne.

OVHcloud (France)

Messagerie Zimbra hébergée en France. Le logiciel est édité par Synacor, aux États-Unis. L’exploitant des boîtes est OVHcloud. Des offres d’infrastructure du même groupe sont qualifiées SecNumCloud : ce n’est pas la même offre que la messagerie.

Profil adapté. Une entreprise dont le premier motif de départ est Gmail, qui veut des boîtes professionnelles chez un grand opérateur français, et qui peut traiter les fichiers à part ou dans la formule qui les inclut.

À vérifier. La formule exacte, car la largeur de la suite (agendas, fichiers, édition) en dépend. La distinction entre la messagerie et l’infrastructure qualifiée : la qualification vise une offre nommée au catalogue ANSSI et ne se transmet pas à une application installée dessus.

Limite principale. Ce n’est pas l’expérience Docs pour une équipe qui rédige à plusieurs toute la journée.

Pertinent pour remplacer Gmail par des boîtes hébergées en France, avec agendas et fichiers selon la formule.

Moins pertinent pour remplacer à lui seul l’édition Google dans une équipe qui vit dans Docs.

BlueMind (France)

Messagerie collaborative d’éditeur français, prévue pour Outlook et les mobiles, déployée chez vous ou chez un hébergeur. Pour une organisation qui quitte Google, c’est une pièce du projet, la messagerie, à associer à une solution de fichiers.

Profil adapté. Une organisation qui veut que l’éditeur de sa messagerie soit lui-même français, et qui passe de Gmail dans le navigateur à Outlook sur le poste.

À vérifier. Qui exploite : votre équipe ou un hébergeur, et dans quel pays. Un éditeur français ne dit rien du lieu des boîtes tant que l’exploitant n’est pas nommé. Testez Outlook Windows, Outlook Mac et les mobiles séparément, sur des agendas partagés.

Limite principale. Pas de remplacement de Drive ni de l’édition en ligne.

Pertinent pour le mail, en particulier si Outlook est le client.

Moins pertinent comme remplacement de Drive.

Microsoft 365, pour être complet

Ce n’est pas une alternative européenne. C’est l’autre suite américaine. Elle est pertinente si la sortie de Google vise Excel et Teams, pas le lieu des données, par exemple parce qu’une maison mère travaille sous Office. La question européenne se traite alors par la résidence des données et le contrat : voir RGPD et Microsoft 365. Elle est hors sujet si le motif du départ est l’exploitant américain : vous en changeriez pour un autre.

Le panorama plus large, critères compris, est le guide 2026 des alternatives à Microsoft 365. La logique est la même.

Les erreurs fréquentes

  • Choisir sur le mail quand le point dur est l’édition. Le tableau de suivi échoue un mois après la bascule.
  • Oublier les propriétaires partis. Un fichier Drive appartient à une personne. Transférez la propriété avant la copie.
  • Confondre éditeur et exploitant. Un logiciel américain peut être exploité en France, un logiciel allemand n’importe où. C’est l’exploitant qui détient les données.

Questions fréquentes

Peut-on quitter Gmail et garder Google Drive quelque temps ?

Oui. Le mail se remplace plus facilement que Docs. Il faut alors gérer deux fournisseurs pendant la transition et décrire dans le registre ce qui reste chez Google. L’inverse est en général plus douloureux.

Une région de données européenne chez Google ne suffit-elle pas ?

Elle peut suffire, selon votre analyse. Les régions couvrent des contenus listés, selon l’édition, et non certains journaux ; le contrôle du lieu du support est une option liée à Assured Controls. Surtout, une région ne change pas la société qui détient les données. Si votre motif est l’exploitant, voyez protéger une entreprise du CLOUD Act.

Que faire des formulaires et des scripts Google ?

Les inventorier en premier. Les Google Sites et les formulaires dont la logique est dans Apps Script ne se transposent pas tels quels. Pour chacun, trois issues : le réécrire, le remplacer par un autre outil, ou garder Google pour ce seul usage le temps nécessaire.

Faut-il une offre qualifiée SecNumCloud pour quitter Google ?

Seulement si un texte, un client ou un appel d’offres l’exige. La qualification vise une offre nommée au catalogue ANSSI, pas une entreprise, et ne s’étend pas à une application installée dessus. Klytic ne l’a pas.

Klytic (France)

Exploitant : Dedicace Software. Messagerie Zimbra exploitée par Klytic, instance Nextcloud dédiée par client (partage, édition en ligne seul ou à plusieurs, historique des versions), et visioconférence, CRM et téléphonie en plus si vous les prenez. Hébergement dans toute zone géographique correspondant à la juridiction applicable, sous réserve de la disponibilité des services requis, par exemple en Europe ou à Maurice, ou sur les serveurs du client.

Dans un départ de Google, Gmail est repris sur la messagerie Zimbra, éditée par Synacor (États-Unis), hébergée dans l’architecture mail de Klytic, dans une instance dédiée ou chez le client, et exploitée par Klytic, avec accès web, logiciels de messagerie, mobiles, EAS et EWS. Les fichiers Drive arrivent dans l’instance Nextcloud du client, qui n’est pas un espace mutualisé. Les Google Docs y deviennent des fichiers. On les y partage, on les édite en ligne seul ou à plusieurs, et l’historique des versions est conservé ; ce n’est pas l’éditeur Google.

On peut ne prendre que la messagerie, ou que les documents. Les données sont détenues par le client, ou par Klytic pour son compte, et chiffrées nativement ou selon le choix du client ; la clé est détenue par le client ou conservée dans son compte, et Klytic n’y a pas accès. Les étapes où le chiffrement est géré par Klytic sont détaillées dans la page protéger une entreprise du CLOUD Act. Le contrat doit décrire cette détention et ce chiffrement. La messagerie et les documents sont sauvegardés chaque heure, avec une conservation de 30 jours. L’assistance est disponible en français par téléphone et dans toutes les langues par courriel, via un outil de suivi des tickets.

Les conseils de migration des mails sont gratuits et aucun mail n’est perdu. La migration réalisée par Klytic est sur devis, après inventaire ; abonnement et migration font l’objet de deux factures. Les prix des abonnements sont sur la page Tarifs.

Pertinent si vous voulez sortir de Google pour le mail et les fichiers, avec un interlocuteur français, et composer le reste à la carte.

Moins pertinent si l’essai sur vos Google Sheets échoue, ou si vous exigez une qualification SecNumCloud. Klytic ne l’a pas.

Cette page décrit des cas d’usage. Elle ne classe pas les offres et ne remplace pas un essai sur vos propres documents.

Sources

Consultées en octobre 2026.

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